ARTICLE PREMIER : Mais que veulent les filles ?

Choux_03

Cet après-midi, je me suis baladé sur un trottoir et à côté d’une fille que je connais depuis un petit moment, et qui prétend que nous nous sommes déjà embrassés à plusieurs reprises. Je pense qu’elle a raison, et quand bien même, je n’étais pas d’humeur à me lancer dans une polémique sans fin, vu que ce genre de chose est invérifiable. Et puis j’avais vraiment envie de me promener tranquillement. Avec ou sans amoureuse. Mais puisqu’elle était là, autant faire les choses bien et l’emmener avec moi en lui tenant gentiment la main.

Il était 16h45, la balade se déroulait comme il faut, et le soleil de plomb n’arrêtait pas de fracasser nos visages, ma foi transis de bonheur. A 16h46, nous nous apprêtions à croiser sur le trottoir d’en face le chemin d’une maman et son fils qui revenaient sans doute de l’école. Au moment même où le croisement allait se faire, l’enfant, probablement pressé d’aller se goinfrer devant la télé, déclencha une accélération correcte pour son âge et planta sévèrement sa mère pas tant surprise que ça finalement. Elle lui lança tout de même un message d’avertissement pour lui éviter de se faire écrabouiller sur la route : « Arrête-toi à la poubelle, mon chou ! » … Car il y avait bien une grosse benne à ordure sur le trottoir à une vingtaine de mètres devant le gosse, juste avant la chaussée.

Je ne sais pas si l’enfant s’exécuta (je pense que oui car il n’y eut ni hurlement ni crissement de pneus) car je repensais aux paroles de la mère. « Arrête-toi à la poubelle, mon chou ! »…. Alors, je veux bien que la mère ait choisi dans l’affolement le référent le plus imposant du trottoir c’est à dire la poubelle, aussi dévalorisant que cela puisse être pour l’enfant de stationner devant une benne puante et débordante (Bien qu’elle eut le choix je vous le jure entre un platane, un STOP, une Twingo violette, et un bac à fleurs). Soit, va pour la poubelle pleine de merdes de chat. Mais, dans la même phrase, qu’elle affuble son fils du nom d’un légume aussi dégueulasse que le chou !… Je commençais à trouver ça malsain.

Je fis part de ma réflexion à celle qui se disait folle de moi. Elle me dit que j’exagérais, et que « mon chou » était un surnom affectueux copieusement employé entre les gens qui s’aiment, que c’était une convention sociale installée depuis des années, que l’on n’était pas obligé de s’en servir mais forcé de l’accepter si l’on voulait un tant soit peu vivre avec les autres en société. Et donc, qu’au passage, ma réflexion était débile. Elle en rajouta en me disant que des hommes, bien plus attentionnés que moi, l’avaient déjà appelée « Ma puce », « Mon lapin », ou encore « Ma biche ».

Me désolant d’insister mais y allant quand même, je lui demandai comment pouvait-elle accepter d’être comparée à un insecte nuisible ou à un animal poilu avec de grosses dents. Tout ça n’est quand même pas très mignon.

Pleine de compassion elle m’expliqua : « Ecoute Léguboy, je viens de t’expliquer que tout ceci n’était que conventions, des codes sentimentaux entre êtres humains pour mieux se lier, et toi tu restes terre à terre, scientifique, et froid comme ton Frigo Palace. Mais puisque tu veux une explication plus rationnelle, voici tout simplement : Dis toi que chacun de ces surnoms renvoie à une caractéristique spécifique. On ne traite pas véritablement quelqu’un de puce quand on lui dit « ma puce ». Une puce c’est tout petit, et c’est fragile finalement. Donc quand un homme dit « ma puce » à une femme, c’est pour lui faire comprendre qu’il la protège. Pas qu’elle lui gratte la tête ou autre chose. C’est une métaphore positive en quelque sorte. C’est toi qui prend le mauvais côté des choses Léguboy !… Pour le lapin, c’est poilu et ça a de grosses dents certes, mais c’est tout doux à caresser ! Et la biche, elle a de grands yeux magnifiques !… »

Tout ça se tenait. Finalement le monde ne dépendait que de l’angle sous lequel on le regardait, et on venait de m’en faire la démonstration en quelques phrases, quelque part entre conventions sociales et figures de styles, quelque part entre relations humaines et grammaire arithmétique, quelque part entre Marx et Descartes. Une nouvelle vision de l’existence m’apparaissait, un nouveau chemin de vie s’offrait à moi, et je n’avais pas de mot pour le faire comprendre à celle qui pourrait finalement devenir la femme de ma vie.

Alors mettant en application ce qui venait de m’être révélé, je lâchai simplement : « Merci, mon jambon ! »

Et bien vous savez quoi ?… Je m’en suis pris une violente et me suis fait traité de connard.

Le jambon c’est tendre et c’est rose non ? Si ça c’est pas mignon alors comprends plus…
En Espagne certains jambons sont même considérés comme un mets luxueux.
Elle devait l’ignorer.
Bref.

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Franchement y a pas photo non !?!

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Un commentaire pour ARTICLE PREMIER : Mais que veulent les filles ?

  1. Gigi dit :

    Bonjour,
    Je voulais en tant que nana te répondre : « Essaies de passer plutôt de Descartes au Banquet de Platon…..(sourire)….. ça équilibre !!!!!! Mais c’est bien évidemment un point de vue de Femme.
    Gigi

    J'aime

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